Troubles de l'apprentissage : mise à disposition d'outils pédagogiques pour l'épreuve du CEB
Les enfants présentant des troubles de l’apprentissage peuvent aujourd'hui bénéficier, lors de l'évaluation du CEB, d’aménagements et d’outils pédagogiques mis en place pendant l’année scolaire. Combien d’élèves ont bénéficié de cette mesure pour les épreuves du CEB de cette année ? Des demandes d’adaptations ont-elles été refusées ?
Question orale de Mme Anne Barzin
La circulaire no3 014 du 9 février 2010 relative à l’octroi du certificat d’études de base offre la possibilité aux enfants présentant des troubles de l’apprentissage de bénéficier, lors de cette évaluation, d’aménagements et d’outils pédagogiques mis en place pendant l’année scolaire.
Selon le point 5 de la circulaire, les directions d’école doivent signaler à l’inspecteur le nom des enfants concernés, les modalités particulières mises en oeuvre à l’école pendant l’année et celles à prendre pour le CEB. Cet inspecteur doit alors valider les propositions d’adaptation faites par la direction de l’établissement scolaire.
Ces modalités (lecture orale des consignes et des questions, utilisation de signets, etc.) ne diminuent nullement le niveau de l’épreuve mais permettent à l’enfant de conserver certains repères lui évitant tout stress inutile.
Pour l’année scolaire 2009-2010, 200 élèves avaient introduit une telle demande d’adaptation des modalités de passation de l’épreuve alors que 511 enfants avaient pu bénéficier au cours de cette même année d’un accompagnement adapté.
Madame la ministre, pouvez-vous nous informer sur le nombre d’élèves ayant bénéficié de cette mesure pour les épreuves du CEB de cette année ? Des demandes d’adaptations ont-elles été refusées ? Si oui, pour quelles raisons ? Des difficultés spécifiques ont-elles été rencontrées ?
Au vu de ces chiffres, estimez-vous que cette mesure est suffisamment connue des parents et du corps enseignant ?
Par ailleurs, en réponse à une de mes questions écrites, vous déclariez que vous alliez diffuser une plaquette des bonnes pratiques au personnel éducatif et aux professionnels de l’enfance. Cette plaquette a-t-elle été éditée et communiquée à tous comme il était convenu?
Réponse de la Ministre de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale, Madame Marie-Dominique SIMONET
Madame, vous m’interrogez sur la circulaire de juin 2010 définissant les modalités de passation de l’épreuve externe commune. Cependant elle a été abrogée et remplacée par celle relative aux modalités pour l’année 2011.
La circulaire no3 424 du 20 janvier 2011 prévoit d’autres procédés pour gérer les demandes de passation particulières. Ces demandes sont introduites par les établissements scolaires concernés mais ne sont plus adressées à l’inspection du secteur, elles sont directement transmises au service général de pilotage du système éducatif.
La règle générale est qu’un enfant qui présente un trouble de l’apprentissage attesté par un spécialiste compétent – CPMS, logopède, ORL, neurologue neuropsychiatre, psychiatre, neuropédiatre ou pédiatre – et qui dispose de modalités particulières d’apprentissage durant sa scolarité puisse disposer de modalités particulières pour la passation du CEB en adéquation avec celles utilisées lors de sa scolarité.
Lorsque ces conditions sont remplies, un groupe de travail, constitué de l’inspection et de membres du service général de pilotage, analyse les demandes et marque son accord en tout ou en partie. Seules quelques demandes sont refusées. Globalement, le groupe de travail accepte les demandes qui ne dénaturent pas la difficulté de l’épreuve.
Ainsi, sont automatiquement acceptées les demandes de temps supplémentaire, d’utilisation de matériel non prévu – fluo, lunettes, mémo de points à vérifier, etc. Dans ce cas, les écoles ne doivent plus passer par l’administration, ce qui accélère le processus.
Par contre, les demandes faisant intervenir un adulte pour oraliser des consignes, pour vérifier leur compréhension ou pour mettre des éléments importants en évidence sont automatiquement refusées.
Les demandes portant sur des adaptations du format des épreuves sont toujours acceptées, qu’il s’agisse d’un agrandissement au format A3, d’une version uniquement en recto, de l’utilisation de caractères plus grands, de l’emploi d’une « tévéloupe » ou encore d’une transcription en Braille.
Pour les enfants sourds et malentendants, l’école peut, sans passer par l’administration, soit recourir à un traducteur pour les parties du savoir-écouter, soit fournir le texte du savoir-écouter – qui est alors transformé en savoir-lire –, soit annuler cette partie.
La plupart des difficultés auxquelles le service général du pilotage a été confronté avaient trait à l’adaptation du format des épreuves. Il a pris tout en charge, à l’exception de la transcription en Braille, qui a été réalisée par l’OEuvre nationale des aveugles. Les difficultés sont souvent dues au caractère trop vague de la demande adressée par le chef d’établissement. Cet aspect fera l’objet d’un briefing entre le service général du pilotage et
l’inspection dans le courant du mois d’août.
L’organisation des épreuves et la vérification de leur contenu représentent une charge de travail importante. Il faut décortiquer les demandes, les clarifier, être juste, être cohérent dans les décisions. Il faut renvoyer un courrier personnalisé à chaque école, avec copie à l’inspecteur, rester en contact avec les logopèdes, qui poussent parfois à l’acceptation de certaines adaptations, et gérer une multitude de formats d’épreuve.
Je voudrais vraiment remercier le service général du pilotage pour la qualité du travail accompli pour que chaque élève puisse passer ces épreuves dans les meilleures conditions possibles en fonction de ses besoins particuliers. Cette année, le service général du pilotage a reçu 715 demandes, soit plus du double de l’année dernière. Cette augmentation des demandes prouve que les parents sont de mieux en mieux informés.
Je terminerai en précisant que la plaquette intitulée Enseigner aux élèves avec troubles d’apprentissage a été imprimée à plus de cinquante mille exemplaires. Elle a été envoyée à toutes les écoles de l’enseignement fondamental et de l’enseignement secondaire ordinaire, aux CPMS, aux inspecteurs, aux conseillers pédagogiques et à toutes les sections pédagogiques des hautes écoles. En outre, elle est téléchargeable sur le site « www.enseignement.be ».
Les chefs d’établissement et les directeurs de CPMS ont depuis lors passé commande du nombre d’exemplaires nécessaires pour leurs équipes.
À ce jour, 1 152 implantations d’écoles fondamentales ont commandé 17 059 exemplaires de la brochure ; 186 implantations d’écoles secondaires ont en commandé 8 896 exemplaires et cent CPMS ont en commandé 1 423 exemplaires. Je crois donc pouvoir dire que cette brochure est un outil important et apprécié.
Réplique de Mme Anne Barzin
J’ai relevé votre intention d’organiser une séance de bilan consacrée aux épreuves de cette année. Cette initiative
représente une charge de travail importante mais paraît nécessaire pour les enfants concernés par cette problématique. L’augmentation du nombre de demandes montre que les outils mis à disposition sont mieux connus. Je pense aussi que le guide devrait être diffusé par des réseaux non scolaires comme celui des pédiatres.
La circulaire no3 014 du 9 février 2010 relative à l’octroi du certificat d’études de base offre la possibilité aux enfants présentant des troubles de l’apprentissage de bénéficier, lors de cette évaluation, d’aménagements et d’outils pédagogiques mis en place pendant l’année scolaire.
Selon le point 5 de la circulaire, les directions d’école doivent signaler à l’inspecteur le nom des enfants concernés, les modalités particulières mises en oeuvre à l’école pendant l’année et celles à prendre pour le CEB. Cet inspecteur doit alors valider les propositions d’adaptation faites par la direction de l’établissement scolaire.
Ces modalités (lecture orale des consignes et des questions, utilisation de signets, etc.) ne diminuent nullement le niveau de l’épreuve mais permettent à l’enfant de conserver certains repères lui évitant tout stress inutile.
Pour l’année scolaire 2009-2010, 200 élèves avaient introduit une telle demande d’adaptation des modalités de passation de l’épreuve alors que 511 enfants avaient pu bénéficier au cours de cette même année d’un accompagnement adapté.
Madame la ministre, pouvez-vous nous informer sur le nombre d’élèves ayant bénéficié de cette mesure pour les épreuves du CEB de cette année ? Des demandes d’adaptations ont-elles été refusées ? Si oui, pour quelles raisons ? Des difficultés spécifiques ont-elles été rencontrées ?
Au vu de ces chiffres, estimez-vous que cette mesure est suffisamment connue des parents et du corps enseignant ?
Par ailleurs, en réponse à une de mes questions écrites, vous déclariez que vous alliez diffuser une plaquette des bonnes pratiques au personnel éducatif et aux professionnels de l’enfance. Cette plaquette a-t-elle été éditée et communiquée à tous comme il était convenu?
Réponse de la Ministre de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale, Madame Marie-Dominique SIMONET
Madame, vous m’interrogez sur la circulaire de juin 2010 définissant les modalités de passation de l’épreuve externe commune. Cependant elle a été abrogée et remplacée par celle relative aux modalités pour l’année 2011.
La circulaire no3 424 du 20 janvier 2011 prévoit d’autres procédés pour gérer les demandes de passation particulières. Ces demandes sont introduites par les établissements scolaires concernés mais ne sont plus adressées à l’inspection du secteur, elles sont directement transmises au service général de pilotage du système éducatif.
La règle générale est qu’un enfant qui présente un trouble de l’apprentissage attesté par un spécialiste compétent – CPMS, logopède, ORL, neurologue neuropsychiatre, psychiatre, neuropédiatre ou pédiatre – et qui dispose de modalités particulières d’apprentissage durant sa scolarité puisse disposer de modalités particulières pour la passation du CEB en adéquation avec celles utilisées lors de sa scolarité.
Lorsque ces conditions sont remplies, un groupe de travail, constitué de l’inspection et de membres du service général de pilotage, analyse les demandes et marque son accord en tout ou en partie. Seules quelques demandes sont refusées. Globalement, le groupe de travail accepte les demandes qui ne dénaturent pas la difficulté de l’épreuve.
Ainsi, sont automatiquement acceptées les demandes de temps supplémentaire, d’utilisation de matériel non prévu – fluo, lunettes, mémo de points à vérifier, etc. Dans ce cas, les écoles ne doivent plus passer par l’administration, ce qui accélère le processus.
Par contre, les demandes faisant intervenir un adulte pour oraliser des consignes, pour vérifier leur compréhension ou pour mettre des éléments importants en évidence sont automatiquement refusées.
Les demandes portant sur des adaptations du format des épreuves sont toujours acceptées, qu’il s’agisse d’un agrandissement au format A3, d’une version uniquement en recto, de l’utilisation de caractères plus grands, de l’emploi d’une « tévéloupe » ou encore d’une transcription en Braille.
Pour les enfants sourds et malentendants, l’école peut, sans passer par l’administration, soit recourir à un traducteur pour les parties du savoir-écouter, soit fournir le texte du savoir-écouter – qui est alors transformé en savoir-lire –, soit annuler cette partie.
La plupart des difficultés auxquelles le service général du pilotage a été confronté avaient trait à l’adaptation du format des épreuves. Il a pris tout en charge, à l’exception de la transcription en Braille, qui a été réalisée par l’OEuvre nationale des aveugles. Les difficultés sont souvent dues au caractère trop vague de la demande adressée par le chef d’établissement. Cet aspect fera l’objet d’un briefing entre le service général du pilotage et
l’inspection dans le courant du mois d’août.
L’organisation des épreuves et la vérification de leur contenu représentent une charge de travail importante. Il faut décortiquer les demandes, les clarifier, être juste, être cohérent dans les décisions. Il faut renvoyer un courrier personnalisé à chaque école, avec copie à l’inspecteur, rester en contact avec les logopèdes, qui poussent parfois à l’acceptation de certaines adaptations, et gérer une multitude de formats d’épreuve.
Je voudrais vraiment remercier le service général du pilotage pour la qualité du travail accompli pour que chaque élève puisse passer ces épreuves dans les meilleures conditions possibles en fonction de ses besoins particuliers. Cette année, le service général du pilotage a reçu 715 demandes, soit plus du double de l’année dernière. Cette augmentation des demandes prouve que les parents sont de mieux en mieux informés.
Je terminerai en précisant que la plaquette intitulée Enseigner aux élèves avec troubles d’apprentissage a été imprimée à plus de cinquante mille exemplaires. Elle a été envoyée à toutes les écoles de l’enseignement fondamental et de l’enseignement secondaire ordinaire, aux CPMS, aux inspecteurs, aux conseillers pédagogiques et à toutes les sections pédagogiques des hautes écoles. En outre, elle est téléchargeable sur le site « www.enseignement.be ».
Les chefs d’établissement et les directeurs de CPMS ont depuis lors passé commande du nombre d’exemplaires nécessaires pour leurs équipes.
À ce jour, 1 152 implantations d’écoles fondamentales ont commandé 17 059 exemplaires de la brochure ; 186 implantations d’écoles secondaires ont en commandé 8 896 exemplaires et cent CPMS ont en commandé 1 423 exemplaires. Je crois donc pouvoir dire que cette brochure est un outil important et apprécié.
Réplique de Mme Anne Barzin
J’ai relevé votre intention d’organiser une séance de bilan consacrée aux épreuves de cette année. Cette initiative
représente une charge de travail importante mais paraît nécessaire pour les enfants concernés par cette problématique. L’augmentation du nombre de demandes montre que les outils mis à disposition sont mieux connus. Je pense aussi que le guide devrait être diffusé par des réseaux non scolaires comme celui des pédiatres.

