Soutien au Festi'fac et aux activités culturelles estudiantines
Les « kots à projets » rencontrent souvent des difficultés pour rassembler les moyens nécessaires à l’organisation de leurs activités culturelles. Comment la Fédération Wallonie-Bruxelles encourage-t-elle ce type de projets?
Question écrite de la Députée Anne BARZIN
Du 28 février au 2 mars s’est tenu à Namur la première édition du Festi’fac. Ce Festival proposait une série de spectacles, de concerts ou encore de pièces de théâtre aux étudiants mais aussi aux namurois.
Ce Festival, dont la Communauté française était partenaire, a rencontré un franc succès. Plusieurs spectacles se sont joués à guichets fermés.
Ce projet a été mis sur pied grâce à une collaboration étroite entre l’Assemblée générale des Etudiants et le Kotéculture.
Le Kotéculture réunit neuf étudiants férus de culture qui tentent de faire partager leur passion à leurs collègues afin qu’ils puissent s’échapper, l’espace de quelques heures, de leurs révisions ou… de leurs activités plus « festives ».
Le festi’fac constituait le projet majeur pour 2011 du Kotéculture.
Parallèlement à cet évènement, les étudiants de ce kot à projets multiplient leurs efforts tout au long de l’année pour proposer des activités culturelles à un prix démocratique.
Comme souvent dans ce type de projet, les moyens manquent pour développer des manifestations de qualité.
Ces étudiants sont donc à la recherche de soutien.
Que pense Madame la Ministre de ce type d’initiatives ? A-t-elle déjà eu l’occasion d’encourager des projets similaires ?
Est-elle prête, de manière financière ou matérielle, à aider ces étudiants à développer leurs activités sur base de projets clairement définis ?
Réponse de la Ministre de la Culture, de l'Audiovisuel, de la Santé et de l'Egalité des Chances, Madame Fadila LAANAN
Je connais les difficultés que rencontrent les « kots à projets » dans le cadre de l’organisation de leurs différentes activités culturelles.
Je suis à la fois consciente des maigres moyens dont ils disposent et des enjeux importants liés à la nécessité de favoriser la présence et le développement de la diversité culturelle au sein du milieu estudiantin.
Ma position par rapport à cette question s’avère particulièrement mitigée.
D’une part, je n’ignore pas que ces projets favorisent incontestablement la nécessaire rencontre entre l’artiste, sa création et un public jeune de proximité ; en ouvrant les portes de la perception, ils intègrent les valeurs du respect de la diversité culturelle et de la liberté de création et d’expression ; ils prônent la différence dans la matière d’être, de penser, d’agir et de communiquer.
D’autre part, la politique culturelle territoriale que je développe permet à ce public jeune de bénéficier d’une offre relativement large en bénéficiant généralement d’une tarification avantageuse.
Dans cet esprit, je me réjouis sincèrement que la capitale wallonne d’où est issue la structure « Kotéculture » que vous évoquez soit particulièrement dynamique.
A titre d’exemple, je vous informe que mon département soutient notamment dans le secteur musical, dramaturgique et chorégraphique, le Théâtre de Namur, le Théâtre Jardin Passion ou encore le Belvédère, espace intégré au réseau de salles Club Plasma.
En musique classique, le Centre d’Art vocal et de Musique ancienne donne de nombreux récitals dans les lieux de diffusion namurois adaptés à cette esthétique et le Festival de Wallonie y développe de nombreuses initiatives culturelles.
Enfin, notre cinéma y est particulièrement représenté grâce notamment aux activités du Festival International du Film Francophone.
Je pourrais encore citer les musées reconnus, les richesses patrimoniales que recèle Namur ou les activités culturelles programmées par la Province notamment dans le domaine des arts plastiques.
Afin de rendre l’Art, dans sa diversité la plus large, accessible au plus grand nombre et particulièrement au public adolescent, je veille à ce qu’aucune région de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne soit, autant que possible, le parent pauvre de mes politiques culturelles.
C’est pourquoi, je soutiens chaque année plus de cinquante festivals musicaux relevant de toutes ces esthétiques, rock, chanson d’expression francophone, jazz, musique du monde, musique urbaine, blues, musiques classique et contemporaine.
En développant des réseaux de salles de proximité, tels les réseaux Club Plasma, Asspropro ou le Jazz Tour, en renforçant constamment leurs infrastructures techniques, je crois démontrer mon souci quotidien de permettre au plus large public possible d’avoir accès à des spectacles de qualité qu’il s’agisse de musique, de cirque, de danse ou encore de théâtre.
Enfin, je ne néglige pas la culture à l’école, garante incontestable de l’accès à la création artistique de qualité pour la plus grande majorité de nos enfants.
Dans cet esprit, je m’efforce au quotidien d’apporter à nos jeunes un épanouissement formateur et créatif au contact des artistes, à travers mon soutien indéfectible, notamment aux Jeunesses musicales, à la cellule Culture/Enseignement ou encore au système des Spectacles à l’école.
A la lecture de ces éléments, vous comprendrez que face à l’offre culturelle non négligeable déjà disponible à travers la Fédération Wallonie-Bruxelles, une aide aux « kots à projets » n’est pas une réelle priorité, particulièrement en cette période de crise.
Par ailleurs, le décret-cadre du 10 avril 2003 relatif à la reconnaissance et au subventionnement du secteur professionnel des Arts de la Scène n’autorise pas de soutenir ce type d’opérateur.
Néanmoins, comment ne pas être sensible à l’enthousiasme, au dynamisme et à l’investissement citoyen de jeunes issus de l’enseignement supérieur qui me soumettent de temps à autre des projets culturels intéressants ?
C’est dans cet esprit que j’ai souhaité apporter une aide à « Kotéculture » dans le cadre de l’organisation du Festi’fac en lui octroyant deux mille euros à charge de l’allocation de base 33.07.13 de la DO 20.
Autre exemple, en 2011, le Cercle Infographiste de la Haute Ecole Albert Jacquart de Namur a bénéficié à ma demande et à titre gratuit du prêt de la sonorisation professionnelle récemment acquise par le Centre de Naninne afin d’éviter aux organisateurs des coûts techniques élevés.
Pour répondre à votre question, si peu de projets similaires au Festi’fac me sont soumis, je demeure attentive à ces demandes en tentant de formuler des solutions adaptées aux projets de ces opérateurs culturels certes occasionnels mais toujours créatifs.

