Evaluation du programme de vaccination en Communauté française
La Députée Anne BARZIN fait le point sur le programme de vaccination : taux de couverture des vaccins et des rappels, suivi du programme, pourcentage d'échec,...
Question écrite de la Députée Anne BARZIN
La Communauté française a mis en place un programme de vaccinations important qui repose sur les recommandations et avis scientifiques émis par le Conseil supérieur de la Santé.
Parmi ces vaccins, un seul est obligatoire, celui contre la poliomyélite
L’analyse de la couverture vaccinale des nourrissons est un indicateur essentiel pour évaluer la mise en œuvre de ce programme de vaccination.
Quelle est, dès lors, pour chacun des vaccins administrés aux nourrissons, la couverture vaccinale constatée pour les années 2009 et 2010 ? Quel est le pourcentage de refus de la vaccination par les parents ?
Certains de ces vaccins doivent faire l’objet de rappels à des âges différents Certaines études ont démontré qu’il y avait une diminution importante de la couverture vaccinale pour la dernière dose d’un même vaccin. C’est le cas par exemple pour la dose de rappel du vaccin hexavalent qui doit avoir lieu entre 13 et 18 mois.
Quelle est la couverture vaccinale pour ces rappels en 2009 et 2010? Le schéma recommandé par le programme de la Communauté française est-il correctement suivi ?
Quels sont les moyens d’information et de sensibilisation mis en place ?
Aucun vaccin ne peut apparemment garantir une efficacité à 100%. Le taux d’échec d’un vaccin varie en fonction d’une série de paramètres.
La Communauté française dispose-t-elle de données relatives à ce taux d’échec des vaccins administrés aux enfants ? Si oui, quels sont-ils ?
Quelles sont les principales raisons du rejet d’un vaccin ?
Réponse de la Ministre de la Culture, de l'Audiovisuel, de la Santé et de l'Egaité des Chances, Madame Fadila LAANAN
Aucun vaccin ne peut apparemment garantir une efficacité à 100%. Le taux d’échec d’un vaccin varie en fonction d’une série de paramètres.
La Communauté française dispose-t-elle de données relatives à ce taux d’échec des vaccins administrés aux enfants ? Si oui, quels sont-ils ?
Quelles sont les principales raisons du rejet d’un vaccin ?
L’association interuniversitaire Provac réalise des enquêtes de couverture vaccinale pour la Fédération Wallonie-Bruxelles.
La dernière enquête a été effectuée en 2009 et a fait l’objet d’un rapport intitulé « Enquête de couverture vaccinale des enfants de 18 à 24 mois en Communauté française (Bruxelles excepté) ; novembre 2009 ; Provac – ULB ; école de Santé publique – ULB ». Elle est consultable sur le site www.sante.cfwb.be.
En réponse à la première question, voici les derniers taux de couverture vaccinale des nourrissons, mesurés en 2009 sur le territoire de la Région wallonne.
Vaccin % couverture
Hexavalent 2 premières doses 98
Hexavalent 3ème dose 97
Hexavalent 4ème dose (rappel 15 mois) 90
Rougeole Rubéole Oreillons 1ère dose 92,4
Méningocoque C 91,2
Pneumocoque 1ère dose 97
Pneumocoque 2ème dose 94
Pneumocoque 3ème dose (rappel 12 mois) 80,7
Les pourcentages de refus ou, plutôt, de non-vaccination, selon les parents interrogés, représentent entre 2 et 7,6 % des enfants.
Les vrais refus d’ordre philosophique, manifestés comme tels, sont extrêmement rares. Ils sont largement inférieurs à 1 %.
Pour votre parfaite information, les chiffres concernant les vaccinations de rappel (autres qu’à 12 et 15 mois) concernent le vaccin tétravalent (diphtérie, tétanos, coqueluche et poliomyélite), le vaccin RRO (rougeole, rubéole, oreillons) ainsi que le vaccin trivalent (diphtérie, tétanos et coqueluche).
Pour le vaccin tétravalent de 5 - 6 ans proposé en troisième maternelle, le taux de couverture atteint 74 % en 2010.
Pour le vaccin RRO de 11 - 12 ans proposé en sixième primaire, le taux de couverture, mesuré en 2009, est de 75 %. Le rappel de ce vaccin est destiné à rattraper les enfants non vaccinés à 12 mois et à réactiver l’immunité de ceux qui l’ont été.
Pour le vaccin trivalent de 15 - 16 ans proposé en quatrième secondaire, le taux sera connu dès publication des résultats de l’enquête menée actuellement.
L’appréciation de la manière dont le schéma recommandé par le programme est suivi varie en fonction des critères d’appréciation posés. Le taux de couverture constitue un de ces critères.
Le non respect du calendrier vaccinal constitue un autre critère. En effet, celui-ci n’est pas toujours scrupuleusement respecté. Pour la première dose du vaccin hexavalent, prévue à l’âge de 2 mois, on constate par exemple que 14 % des enfants sont à risque pendant un à deux mois car ils sont vaccinés avec plus d’un mois de retard par rapport aux recommandations.
Inversement, un peu plus de 8 % des enfants reçoivent le vaccin RRO et celui contre le méningocoque C trop tôt (avant l’âge de 12 mois), ce qui peut entraîner une moins bonne réponse du système immunitaire.
On considère par ailleurs que sur 100 enfants vaccinés, 5 à 7 ne développeront pas l’immunité suffisante pour être protégés. Mais, outre les raisons liées à l’efficacité intrinsèque des vaccins et à la réactivité individuelle des enfants, il faut signaler que des échecs de vaccination peuvent aussi être imputés à la rupture de la chaîne du froid et, comme on l’a vu plus haut, au non respect du calendrier.
Enfin, concernant les moyens d’information et de sensibilisation mis en place, le programme met à disposition des parents et des vaccinateurs toute une série de documents qui les informent sur l’ensemble des préoccupations relatives aux vaccins. Ils sont distribués à tous sous forme papier et ils sont également téléchargeables sur le site www.sante.cfwb.be. Il s’agit notamment de « Vacciner, mieux comprendre pour décider », « Le rendez-vous des vaccins », « Quelles vaccinations pour les adolescents de 15-16 ans », « 13-14 ans, du neuf avec la vaccination papillomavirus des jeunes filles », etc.
La prochaine étude des couvertures vaccinales de cette cohorte devrait se dérouler en 2012.

